Notre siteWeb : www.micro-assurance.net
Vous trouverez sur ce sîte certains de nos articles publiés dans différentes revues d'économie, d'assurances, d'économie de développemment, etc.,
Des News sur le développement de l'assurance dans des pays émergents ou en développement, sur le développement de l'assurance des micro-entreprises en France, sur celui du Low Cost, etc.
Des informations sur des sujets porteurs de l'assurance : E-Assurance, Dépendance, Euro-Diversifié, etc.
L'Assurance : une évidence ? De la Micro-assurance à l'E-Assurance.........
Alors que l'assurance formelle est souvent perçue dans nos propres sociétés comme une évidence, un dû, force est de constater que cette perception n'est guère le cas pour l'immense majorité du globe, et qu'elle risque fort bien de ne plus le devenir dans nos propres sociétés.
Environ 90% des cotisations mondiales d'assurance seraient en effet payées par 15% de la population mondiale (Europe occidentale, Amérique du Nord, Japon). Dans les pays émergents ou moins avancés, la protection des personnes comme des entreprises ne concernent ainsi que 5 à 10% de la population du pays (Cas du Brésil, de l'Inde, du Maroc, etc.). Rien ne serait pour autant plus faux que d'imaginer les populations de ces pays passives, attendant les sinistres avec fatalité. La gestion des risques, collective ou individuelle, est bien au contraire une réalité prégnante, à la mesure des vulnérabilités éprouvées. La mutualisation des risques est le plus souvent un acte recherché, assumé, conscient, vital. Nous verrons plus tard, que dans nos propres sociétés, la mutualisation est devenue par contre inconsciente, et pour certains subie.
Des nuances mériteraient certes d'être apportées à ces propos, mais l'observation dans les pays en développement de nombreux réseaux de solidarité, entre traditions et innovations, traduit bien le souci des individus et des groupes à réduire autant que possible leur voilure au risque. Des tontines asiatiques et africaines aux cuisines collectives et municipalités autogérées sud-américaines, en passant par les Self Help Group indiens, le groupe apparait comme un filet de sécurité, certes fragile, mais essentiel. A coté d' investissements dans des réseaux de solidarité, les dons et contre-dons, la diversification des actifs et des activités, les stratégies individuelles (ou familiales) d'épargne et de crédit, parachèvent ces stratégies de réduction des risques.
Il reste que ces stratégies ont un coût financier et social non négligeable et que, pour diverses raisons allant d'une mutualité trop réduite à l'érosion des solidarités traditionnelles, elles n'apportent qu'un degré minime de protection. Ceci est d'autant plus vrai que la pression démographie gigantesque de ces 50 dernières années ( 2,6 milliards d'individus en 1950 à 6,3 milliards en 2006) fragilise un peu plus les réseaux de solidarités et que les gouvernements ne souhaitent plus assurer la protection sociale des populations. Un rappel cependant : Ces réseaux sont généralement hiérarchisés, et dans les sociétés patriarcales, particulièrement discriminants à l’encontre des femmes et des filles. Quant à l’Etat, si volonté il y eut, les résultats en terme de couverture assurancielle furent largement déficients. La diversité des situations mériterait certes un examen plus attentif, mais le constat serait à peine atténué.
L’assurance formelle proposée par les industriels de l’assurance serait-elle dès lors providentielle ? L’affirmer serait largement minimiser la complexité de sujet. D’une part, parce que les assureurs ne sont pas attendus comme des sauveurs, par des populations lavées de désillusions quant aux solutions miracles du développement. D’autre part, parce que l’assurance est un métier complexe; elle reste traversée par une tension permanente entre la nécessité de segmenter (connaitre le prix du risque) et de mutualiser (absorber les pertes éventuelles grâce à la loi des grands nombres).
L’assurance formelle se construit d'ailleurs dans une confiance entre assureurs et assurés qui n’est jamais acquise. Ce qui nous renvoie à des interrogations sur nos propres sociétés post-industrielles.
Les historiens Jean Fourastié, Georges Mosse, ou Philippe Ariès ont magistralement démontré à quel point nos sociétés ont expulsé la mort et la fragilité humaine du champ sociétal. Ce délire d’immortalité, selon les termes philosophiques consacrés, a naturellement conduit nombre d’acteurs à une surenchère dans le principe de précaution. Le 11 Septembre serait du coup le marqueur d’une nouvelle ère, celle que Denis Kessler nomme l’ère des vulnérabilités, relativisant par là même nos sentiments d’évidence quant à la protection des personnes et des biens.
Au-delà du coût financier, humain, politique du 11 Septembre, le sentiment diffus d’un monde encore plus rapide, fragile, instable, pourrait contribuer à modifier nos décisions quant à la perception des risques, quant à la consommation de produits d’assurance. Chômage, Working poor, Immigration, Retraite avec un taux de remplacement compromis, Dépendance, Multiplication des services à la personne et des micro-entreprises ou TPE, appropriation rapide d’internet par les citoyens-consommateurs (internet communautaire), blogs qui interpellent et qui conseillent sont autant de signes différents mais complémentaires donnant à penser que l’assurance est à un tournant. Evolution qui va de pair avec celle des évolutions sociétales et technologiques, avec celle aussi des nouvelles interfaces entre le public et le privé, soit l’Etat et les assureurs/réassureurs privés.
Une certaine inertie des clientèles et le souci (parfois dogmatique) de proximité avec des réseaux physiques a certes ralenti la pénétration de l’assurance via le canal de distribution de l’Internet. Ce constat n’est pourtant pas immuable d’autant que les consommateurs sont plus informés, plus actifs et plus sensibles aux nouvelles technologies. Ce constat, déjà vieux de 10 ans n’a pas encore été vérifié. Mais si les comportements ont peu changé, c’est peut-être que les offres n’ont pas été suffisamment modifiées. Ce retard n’annule pas ainsi les prospectives faites ces dernières années. D’autant que les classes d’âge familiarisées aux nouvelles technologies et prêtes à l’achat on line ne cessent de s’accroitre. D’autant que les applicatifs internet sont de plus en plus performants et ergonomiques.
Micro-assurance et E-Assurance, la transition est toute trouvée. Nous serions ainsi surpris de voir à quel point des acteurs de la microfinance (assureurs privés, Institutions de la Microfinance, Fondation Bill & Melinda Gates, CitiGroup, etc.) développent les applicatifs Internet et autres nouvelles technologies (Smart card digital, multi-lingue, ATM, Portables, etc..) afin de diminuer les frais de transaction, tout en proposant des produits simples, transparents, faciles à souscrire, à indemniser, à résilier.
De l’E-Assurance à la Micro-assurance, en passant par la dépendance, le « Pay as you drive »/ « Pay as you travel » ou les Euro-Diversifié, les sujets innovants de l’assurance sont finalement nombreux et trahissent l’ image caricaturale d’un métier gris et poussiéreux. Ce qui ne saurait surprendre tant l’assurance est au cœur des enjeux économiques, juridiques, politiques, au cœur de mutations sociétales.